Mehdi Nemmouche avait-il l’intention de commettre un attentat lors du défilé du 14 juillet cette année ? « Non », selon Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur et le parquet de Paris. Ni l’un ni l’autre n’auraient eu vent d’une quelconque intention du tueur présumé du musée juif de Bruxelles.

Le journal Libération a pourtant affirmé ce lundi matin s’être procuré quelques-uns des procès-verbaux d’audition des quatre otages retenus en Syrie et libérés il y a quelques mois. Dans ces documents, on apprendrait que Mehdi Nemmouche, dit « Abou Omar », qui a aussi été geôlier des ex-otages français en Syrie, s’était vanté devant l’un d’eux de vouloir « faire cinq fois Merah » lors du défilé du 14 juillet à Paris. Il lui aurait également confié sa fascination pour Mohamed Merah, son « héros absolu ».

Libération maintient ses informations

De « fausses informations », selon Bernard Cazeneuve, qui a estimé dans la foulée que la « diffusion de fausses informations pour faire des titres et des manchettes (…) est une manière de tomber dans le piège que les terroristes nous tendent ». Le parquet a de son côté indiqué « qu’aucun procès-verbal » ne fait état d’un projet d’attentat sur le territoire national.

Ce lundi midi, Libération a pourtant maintenu ses informations. Selon la journaliste qui a révélé l’affaire, le procès-verbal en question serait resté entre les mains des services de renseignement qui ne l’ont pas versé au dossier judiciaire, d’où le démenti du parquet. Le journal assure que cette information aurait été divulguée par un otage « lors d’un débriefing par les services de renseignements ».

Un arsenLe communiqué du procureur de la République. al dans les bagages

L’avocate de Nicolas Hénin, Marie-Laure Ingouf a de son côté indiqué que son client « a appris avec consternation et incompréhension les informations de Libération » et qu' »il ignore leur origine ». « Il s’agit d’éléments qui ne figurent pas dans son procès-verbal d’audition », a-t-elle ajouté, précisant que Nicolas Hénin ne souhaitait plus être sollicité par les médias.

Mehdi Nemmouche avait de toute façon été arrêté avant de mettre en œuvre un quelconque dessein en France. C’est lors d’un contrôle inopiné des douanes, fin mai à Marseille, que les forces de l’ordre l’avaient interpellé, dans son bus de retour de Bruxelles. Dans ses bagages, les douaniers avaient retrouvé une kalachnikov avec 261 cartouches, un revolver, une cagoule, des gants noirs ainsi qu’une caméra miniature GoPro. Il détenait également un « drap » marqué d’un sigle Etat islamique (EI) et d’un film évoquant la tuerie du musée juif. Mehdi Nemmouche a été extradé vers la Belgique le 29 juillet, où il risque trente ans de réclusion.

source : metronews.fr