L’ancien ministre des affaires étrangères de François Mitterrand vient de mettre les pieds dans le plat dans un entretien accordé au magazine Le Point, en lançant un véritable réquisitoire contre l’actuelle politique étrangère de la France.

Son constat est cinglant :

« En réalité, aujourd’hui, ceux qui commandent sont les États-Unis et Israël. Aujourd’hui, nous sommes dans une alliance où la France n’a plus rien à dire. Nous n’avons plus de politique étrangère indépendante. »

« C’est la droite du Parti socialiste qui gouverne et qui trouve son aise et ses habitudes dans son alliance avec l’Amérique. »

« Le plus à gauche de tous les hommes politiques qui ont gouverné est le général de Gaulle. »

« Nous ne tenons compte d’aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L’alliance outre-Atlantique n’a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l’injustice même en politique internationale. »

Ces propos ont évidemment de quoi donner des vapeurs à tous les larbins de Washington en France, dans la sphère politique et journalistique. À commencer par l’un des promoteurs de l’OTAN à la télévision publique française, la « journaliste » Léa Salamé, qui m’avait reproché de faire de « l‘anti-américanisme primaire » devant 1,55 million de téléspectateurs lors de l’émission ONPC de Laurent Ruquier du 20 septembre 2014.

Quoi qu’il en soit, ces propos de Roland Dumas confirment une partie des analyses de l’UPR et sont l’occasion de souligner à quel point notre mouvement est le seul, sur la scène politique française, à pointer constamment la responsabilité n°1 des États-Unis d’Amérique et de l’OTAN dans le désastre en cours.

On notera au passage que le FN, DLF et autres « souverainistes » de pacotille sont d’une discrétion de violette dès lors que l’on évoque le rôle de Washington sur le sort de la France. Soudain les rodomontades anti-musulmanes de la SARL LE PEN font place à un silence assourdissant.

On doit regretter aussi les silences de Roland Dumas lui-même.

Car il est bien dommage qu’il n’ait pas profité de l’occasion de cet entretien pour rappeler aux lecteurs du Point ce qu’est exactement la prétendue « construction européenne » et la responsabilité écrasante qu’elle porte dans cette disparition de la politique étrangère indépendante de la France qu’il dénonce.

Il faut reconnaître que cette explication serait difficile à faire par Roland Dumas puisqu’il fut le signataire du traité de Maastricht, qui a créé justement une prétendue PESC, la « Politique étrangère européenne et de sécurité commune »…

Comme quoi on ne peut pas vouloir une chose et son contraire.

source : upr.fr