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Inde, Secte

BOUDDHISME : « Ferme la porte à clés. » J’ai été dévouée à un grand maître bouddhiste, avant de m’enfuir

 Sogyal Rinpoché est un grand maître bouddhiste tibétain célèbre en Europe, qui est soutenu par le daïla lama. Ce maître puissant ne se déplace jamais sans ses « dakinis », des femmes sensées l’aider à avoir des révélations. Mimi a été l’une d’entre elles. Elle raconte les abus psychologiques et physiques que le maître tibétain a exercé sur elle et ses semblables… Avant qu’elle ne réussisse à s’enfuir.

Sogyal Rinpoché est un maître bouddhiste tibétain soutenu par le dalaï-lama. Il est l’auteur du best-seller « Le Livre tibétain de la vie et de la mort ». Il dirige l’association Rigpa, un réseau de centres qui enseignent la tradition bouddhiste du Tibet à travers le monde. L’expérience de Mimi à ses cotés est en partie retranscrite dans le livre d’enquête de l’anthropologue Marion Dapsance, « Les Dévots du Bouddhisme » (Max Milot). Ci dessous, Mimi apporte une forme de complément plus personnel à ce qui est déjà énoncé dans le livre.
Le bouddhisme, tel qu’il est enseigné en Europe, porte le jugement qu’on serait tous capables de créer une société idéale, parfaitement juste et compassionnée. Que l’on doit se libérer des engrenages capitalistes qui nous ont tous éloignés d’une nature qui serait fondamentalement bonne. L’adolescence peut nourrir l’envie de vivre un tel idéal, profondément. Du moins, c’était mon cas.
Quand j’ai eu 14 ans, mon père est devenu disciple du grand maître bouddhiste Sogyal Rinpoché. Je l’accompagnais dans ses retraites pour passer du temps avec lui. Ça lui faisait plaisir. Au bout de quelques années, au cours d’un enseignement en Allemagne, Sogyal Rinpoché m’a aperçue et m’a fait venir à lui. Il a décrété que j’avais un bon karma et que je pouvais accéder directement à son intimité.
Pendant une semaine, il m’a invitée à venir chaque soir dans sa chambre pour lui masser les mains pendant qu’il regardait la télévision. Je n’ai pas refusé, c’était présenté par sa garde rapprochée comme un privilège qu’il m’adresse la parole, que je puisse toucher cette incarnation du divin.
Mon père était fier et je savais que je lui faisais extrêmement plaisir. L’image que j’avais du maître était magnifiée par la sienne. À la fin du séjour, alors qu’il montait dans sa berline, le maître m’a donnée son emploi du temps pour l’année a venir et m’a dit :
« Tu peux venir me retrouver où tu veux. J’aimerais te voir. Je vais enseigner en Australie pendant un moment. »
J’avais alors 22 ans.
Des filles le suivent partout
Je l’ai rejoint. J’ai été reçue comme une princesse. Sogyal Rinpoché avait loué des maisons de vacances au bord de la mer. L’endroit était désertique. Je passais mes journées à la plage. Je participais aux prières, sans être assidue. Je ne voyais le maître que quelques heures par jour lors des repas. Il était accompagné de deux hommes, ses chauffeurs, et de plusieurs filles, peut-être huit. On les appelle les dakinis. Ces femmes sont censées aider le maître à avoir des révélations. Elles le suivent partout.
C’est à ce moment là que j’ai aussi découvert ses premières crises de colère. Je partageais une maison un peu en retrait avec l’une d’entre elles. Elle avait un enfant. J’ai pensé qu’il s’agissait de celui du maître.
Pendant ce séjour, mon petit-ami m’a fait envoyer des fleurs pour la Saint-Valentin. Les filles me sont tombées dessus :
« Ne dis surtout pas que c’est un garçon qui t’a envoyé ces roses ! Offre-les au maître, il croira que c’est pour lui. »
Ce soir-là, il a organisé un dîner de Saint-Valentin. Les deux chauffeurs n’étaient pas conviés. Il était seul avec nous, les filles. Je trouvais ça étrange, mais je me sentais assez libre. Il n’y avait pas d’enjeux. Mon père avait payé mon billet d’avion et je maintenais mon indépendance financière vis-à-vis de lui. Je pouvais repartir quand je voulais.
Dévouée, 24 heures sur 24
Tout a basculé quelques mois plus tard, quand j’ai perdu ma grand-mère. Ce décès a été un bouleversement et je suis tombée malade. Sogyal Rinpoché est alors venu me voir chez ma mère, accompagné de trois filles. Je venais de faire une seconde rubéole et cela faisait trois semaines j’étais clouée au lit. Il m’a invitée à passer tout l’été à ses cotés dans le centre de Lérab Ling, dans l’Hérault, pour recevoir ses enseignements en personne. J’ai accepté.
Dès que je suis arrivée, tout est allé très vite. Les autres dakinis mettaient généralement plusieurs années pour accéder à la fonction qui m’avait été confiée cet été là. En quelques semaines, je me retrouvais à superviser toute l’équipe de filles. Il m’a confié les talkies walkies et les téléphones portables et j’ai fini par être 24 heures sur 24 à ses cotés.
Je l’accompagnais partout, sauf quand il enseignait. Dans ces moments-là, je devais organiser le nettoyage de ses appartements et ses lessives, ranger ses papiers et ses placards, commander ses repas et réserver ses transports, préparer ses sacs, exécuter ses listes d’exigences …
J’étais épuisée mais je passais les tests. Ses demandes étaient de plus en plus excessives, mais je ne disais rien. La règle, c’était d’être dévouée, pour avoir droit à l’éveil. Je pense surtout que ça me soulageait émotionnellement de ne pas avoir le temps de réfléchir. J’étais en deuil et j’avais l’impression que ces responsabilités m’aidaient à penser à des choses plus importantes. En fait, je m’éteignais.
« Ferme la porte à clés » 
La première fois qu’il y a eu contact sexuel, j’étais coupée d’une certaine conscience de moi-même. Il m’a dit : « Ferme la porte à clés. » Toute une délégation nous attendait dans les voitures. Il ne manquait plus que lui et moi.
Depuis deux mois je dormais très peu. J’avais pris l’habitude de me faire abuser par des exigences et des paroles. Nous acceptions tout. Je n’écoutais plus. Je faisais ce que j’avais à faire, sans plus poser de question. J’étais dans l’adrénaline de l’urgence et de la fatigue continues. Après le premier rapport sexuel, il a formulé des menaces très explicites, m’interdisant d’en parler à quiconque.
Toutes les dakinis étaient au courant, mais nous ne devions pas aborder le sujet. Pourtant, nous nous relayons pour surveiller la maison lorsque l’une d’entre nous passait dans la chambre du maître. Personne ne devait approcher. Plus les filles vieillissaient, plus elles sentaient la fin venir. Elles devenaient anxieuses.
Loyauté envers le groupe
À la fin de l’été, j’ai eu une période d’aménorrhée et j’ai eu peur d’être enceinte. J’en ai parlé à un disciple médecin. Comme j’étais la fille la plus proche de Sogyal Rinpoché, avoir d’autre relation m’était impossible. Ce médecin m’a prescrit une prise de sang sans me poser la moindre question. Dans les centres Rigpa, la loyauté envers le groupe prime sur tout le reste.
Pourtant, il s’agit d’une communauté de gens souvent instruits : médecins, magistrats, avocats, hommes d’affaires ou encore pilotes… Les maîtres bouddhistes ne vont pas chercher des Tibétains qui vivent avec trois dollars en Inde, mais des Blancs qui ont de l’argent, en Occident.
Les adultes qui baignent dans cet environnement réadaptent la réalité pour pouvoir la supporter. Ils parlent de compassion toute la journée mais assistent à des humiliations en public. Ils remettent en question puis refoulent toute forme d’instinct ou de ressenti. Ils ont en commun, la rancune et la colère d’une vie de déceptions non résolues.
Pour soulager ces frustrations, le maître encourage la mutilation de l’empathie pour la famille et l’entourage immédiat. À ce vide, il substitue alors une autre forme de compassion pour une humanité réduite a l’état de concept, abstraite et lointaine.
J’ai cru que j’allais mourir
Je me suis éloignée très progressivement du groupe, en trouvant des excuses. Je pense que le processus de rupture s’est confirmé lorsque j’ai commencé à prendre des cours de chant. Une chanteuse lyrique m’avait entendue et avait décidé de me donner un cours gratuit tous les mois. Elle m’a appelée pour que je vienne, en insistant. J’ai commencé alors à revivre mes émotions.
Pendant plusieurs années, j’ai été incapable d’admettre ce qu’il s’était passé. Il a fallu que ça prenne le dessus sur mes rêves et ma santé. Je faisais des cauchemars tous les soirs, j’ai commencé à avoir de l’asthme et des fièvres. J’ai senti que j’allais mourir si je gardais tout ça pour moi.
Sur un coup de tête, je me suis rendue à Londres sur une invitation du maître. Un de ses chauffeurs est venu me chercher et je lui ai demandé :
« Tu sais très bien que toutes les filles couchent avec lui, tu trouves que c’est normal ? »
Il m’a répondu :
« Vous seriez toutes des prostituées et des droguées si vous n’aviez pas trouvé ce maître. Estime-toi heureuse, tu n’as rien à lui reprocher. »
Sa réaction m’a confortée dans l’idée que je prenais la bonne décision. Arrivée sur place, j’ai offert au maître un dessin que j’avais fait la nuit précédente. Je l’avais représenté au centre, avec moi sur lui en position du lotus. Autour de nous, en ronde, j’avais noté le nom de chacune des dakinis. Il a compris tout de suite et m’a demandé si je voulais de l’argent. Je suis partie.
 La vraie colère derrière la fausse compassion
Mon départ a provoqué l’affolement. Le pouvoir est dans le groupe, pas dans le maître. Sogyal Rinpoché est inculte, pas particulièrement intelligent. Il a surtout des centaines de milliers de gens qui lui permettent d’asseoir sa souveraineté. Je ne suis pas certaine qu’il soit lui-même convaincu par ce qu’il raconte. Il récite ce que les gens ont besoin d’entendre.
Soudain, le groupe a eu peur d’être remis en question, de se révéler. Qu’on réalise que les disciples passent leurs journées prostrés à embrasser les pieds d’un maître qui n’a jamais été à l’école et se balade avec un tas de minettes qu’il humilie. Qu’on perçoive toute la colère qui anime réellement cette communauté derrière le paravent de la compassion.
Pendant un long moment, j’ai cru que je délirais toute seule. Comment était-il possible qu’à travers le monde, autant de personnes soient en adoration pour Sogyal Rinpoché et que je sois la seule à être écœurée par sa présence ?
Les menaces que j’ai reçues après mon départ m’ont rassurée : je prenais la bonne décision.
Humiliations publiques
Il est possible que, d’une manière un peu tordue, Sogyal Rinpoché ait été amoureux, je ne sais pas. Même s’il m’enfermait, même s’il n’y avait que son plaisir. Je ne sais pas comment il a vécu ou comment il vit encore ces situations. Je pense qu’il peut s’attacher, parce qu’il est extrêmement isolé émotionnellement.
En tous cas, il avait établi avec nous une forme de confiance et de rapport affectif qui lui a permis d’abuser de nous, physiquement et psychologiquement, de manière continue.
Sogyal Rinpoché frappe les dakinis et montre fièrement leurs cicatrices. Les humiliations ont toujours lieu en public. Je me souviens d’une fois où on était toutes autour de lui dans son jardin privé. L’une des filles ramassait les feuilles mortes. Elle avait une démarche lente, un peu comme une Brésilienne. Il l’a attrapée par les cheveux et l’a traînée par terre avant de la cogner contre le mur pour la punir d’avoir « trop d’égo ».
Un rapport incestueux 
Dans mon cas, et certainement dans celui des autres dakinis, il y a une relation au père difficile. Celui-ci vous confie à un homme avec l’idée que vous pouvez tout faire pour lui et que vous devez tout faire pour lui. Il est heureux que vous entreteniez un rapport privilégié avec ce maître plus âgé et autoritaire. Il sait que vous êtes isolée, que vous dormez dans la même chambre, mais ne pose aucune question. Il ne vous met pas en garde : « Attention, quand-même… »
Aujourd’hui, j’ai coupé les ponts avec mon père. Je crois qu’il me prend pour une folle, quelqu’un qui vit trop d’émotions. Il pense que la seule erreur du maître, c’est de ne pas m’avoir suffisamment enseigné la folle sagesse [concept introduit par Sogyal Rinpoché selon lequel la folie du maître ferait de lui quelqu’un de sage, libéré des contraintes sociales, ndrl.]
Je n’ai aucune foi en la justice
Je n’ai pas voulu attaquer Sogyal Rinpoché en justice. L’une de ses dakinis l’avait fait en Californie, il y a quelques années. Elle le regrette encore aujourd’hui. Ça a détruit son mariage, sa famille. Elle est repartie de zéro. Je n’ai d’ailleurs aucune foi en la justice. Mes témoignages n’ont jamais déclenché de procédure judiciaire. Quant à Marion Dapsance, l’auteur des « Dévots du bouddhisme », elle a envoyé à plusieurs reprises un dossier à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Elle n’a eu aucun retour.
Si Sogyal Rinpoché n’était plus là, un autre prendrait sa place. Ce visage du bouddhisme semble véritablement difficile à accepter pour certains. Beaucoup continueront à ne pas y croire. Ils penseront que je suis celle qui a trahi le maître, que je suis vénale. En revanche si l’un d’entre eux commence à douter, il pourra réaliser qu’il n’est pas seul : une autre information, libre, existe et circule.
Un ancien directeur de centre vient étonnamment, cette année, de se retourner contre Sogyal Rinpoché en confessant explicitement les dérives de l’emprise psychologique et des violences que ce dernier faisait subir a son entourage, et notamment aux femmes. Il dénonce également les faveurs sexuelles et une domination qui passe par l’infantilisation.
Cruel, mauvais, tortionnaire
Ce qui m’importe, aujourd’hui, c’est de ne pas m’être trahie. Ces événements m’ont laissée le sentiment que l’équilibre intérieur chez chacun d’entre nous est fragile. Qu’il nous faut en permanence être vigilant, ne laisser aucune place au doute et encore moins déléguer à d’autres le soin de les résoudre.
C’est un sentiment très vif chez moi. Chez chaque personne que je rencontre, je vois désormais quelqu’un capable de devenir cruel, mauvais, tortionnaire, selon sa capacité à s’assumer émotionnellement et son besoin d’appartenance a un groupe.
Je vois le meilleur comme le pire, dans les choix de résignation ou d’amour de soi.
Propos recueillis par Julia Mourri

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